Alors il a voulu se concilier cet ennemi mystérieux, et il a donc créé la religion pour établir ou rétablir une relation avec ce ou ces dieux menaçants. Avec force sacrifices, prières, supplications, gestes et rites pour amadouer ce ou ces dieux, pour essayer de les acheter. En leur fabriquant des statues et en les plaçant dans un temple, pour pouvoir, sous couvert de les honorer et de les loger somptueusement, les emprisonner en réalité, les domestiquer, les avoir sous la main. La peur a créé la religion.
Jésus a apporté un tout autre message, un message antipeur.
« Quand vous priez, dites : “Notre Père qui es aux cieux, notre Abba, notre papa qui es aux cieux...” » C'est aussi le verset 16 de Jean 3 :
« Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. »
« Dieu est amour », dit la première épître de Jean. Il n'est pas méchanceté. Il n'est pas colère. Et c'est par cette présence constante en nous de celui qui nous aime que nous pourrons vaincre nos peurs existentielles. Celui qui est aimé, pardonné, n'a plus peur. Il n'y a pas d'autre remède à la peur que l'amour. Le verset le plus fort contre la peur est sans doute ce verset 18 de 1 Jean 4 : « Il n'y a pas de peur dans l'amour. Mais l'amour parfait bannit la peur. » J'aime Dieu parce qu'il est amour. Il m'a aimé le premier. Quand la peur viendra sourdement, sournoisement, me manger le c½ur, en pleine nuit peut-être, je prierai mon Père en l'appelant papa, je prierai mon Dieu qui est amour, je prierai Celui qui a pour moi un c½ur de père et un c½ur de mère, un c½ur de tendresse, une parole qui rassure, une main qui caresse, pour éloigner tous les démons de la peur et, en tout cas, pour les vaincre, même s'ils sont toujours là. Pour vaincre la peur de l'avenir, la peur de la maladie, la peur de la mort, nous entendons la voix de l'Evangile, la voix de Jésus qui nous dit : « N'ayez pas peur. N'ayez pas peur de Dieu. Dieu est amour. L'amour parfait bannit la peur
La peur, l'amour, la foi/. Pour Jésus, avoir peur, c'est manquer de foi, c'est-à-dire ne pas croire vraiment à l'amour de Dieu, à son pardon, à sa présence protectrice à nos côtés. « Pourquoi avez-vous si peur, gens de peu de foi ? », dira Jésus à ses disciples, dans l'épisode de la tempête apaisée. Ou dans le Sermon sur la montagne, en Matthieu 6 : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie. Votre Père ne sait-il pas ce dont vous avez besoin, et ne vous le donnera-t-il pas, gens de peu de foi ? » Ou dans la parabole des talents en Matthieu 25, où le mauvais serviteur a manqué de foi, c'est-à-dire de confiance en son maître, en Dieu : « Je savais que tu es un homme dur. J'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. » 1 Jean 4 résume tout ce message au verset 16 : « Nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. »
